Valoriser des résidus de colza pour faire rouler du fret ferroviaire

Le projet initial avait pour but de tester sur locomotives existantes la substitution du Gasoil non routier (GNR) par l’Agrocarburant Oleo100, carburant issu de résidus de colza français sur les locomotives de fret d’Europorte (groupe GETLINK) qui permet de réduire d’environ 60% les émissions de gaz à effet de serre sur les trajets concernés. Les tests ayant été concluants, Getlink développe désormais le projet, à partir de 2022, à moyenne échelle.

Leviers de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES)

noun_Low Fat_3488837Created with Sketch.

Sobriété énergétique et ressources

noun_Ecology_1351672Created with Sketch.

Décarbonation de l’énergie

noun_Energy Efficiency_1362024Created with Sketch.

Amélioration de l’efficacité énergétique

noun_green energy_1112618Created with Sketch.

Amélioration
de l’efficacité en ressources non énergétiques

noun_absorptive capacity_3636324Created with Sketch.

Absorption d’émissions

financement iconCreated with Sketch.

Financement d’émetteurs bas-carbone ou désinvestissement d’actifs carbonés

noun_Climate Change_2531889Created with Sketch.

Réduction des autres gaz à effet de serre

Objectifs recherchés

Le projet doit permettre d’un point de vue logistique et commercial le passage à l’échelle du remplacement du Gasoil Non Routier (GNR) par du biocarburant Oleo100 sur différents sillons.

Le Gasoil Non Routier (GNR) consommé pour la traction des locomotives représente le premier poste de gaz à effet de serre du groupe GETLINK (24 000 tonnes CO2 en 202 1 pour 9 millions de litres consommés). La réduction de ces émissions liées au carburant de traction est un enjeu essentiel pour le Groupe. Le remplacement du GNR par des agrocarburants dans les locomotives actuelles permet de réduire au minimum de 60% ces émissions du puits à la roue. 

 

Le projet initial en 2021 a permis de confirmer la faisabilité de l’utilisation du biocarburant Oleo100 sur les locomotives Euro4000 lors d’un test grandeur nature sur une période de 3 mois (et non en banc d’essai car le groupe n’a pas la latitude opérationnelle de pouvoir démobiliser l’une de ses locomotives) et de préciser les pré-requis opérationnels (positionnement des cuves de carburants et approvisionnement, identification d’éventuels impacts opérationnels, ajustement des procédures      de conduite et de maintenance…).

 

Le test ayant été tout à fait concluant sans identifier d’obstacles limitants, cette deuxième phase doit permettre d’élargir la flotte et les sillons concernés afin de réduire significativement les émissions de ce poste. Ce projet représente à la fois un défi logistique (approvisionnement en biocarburant au bon rythme et aux bons endroits) et commercial (trouver les flux pertinents et assurer l’équation économique). 

 

Le carburant utilisé est développé par SAIPOL filiale du groupe AVRIL à partir de colza 100% français. Le produit utilisé est un co-produit issu de la transformation du colza en huile alimentaire et en tourteaux riches en protéines à destination de la nutrition d’animaux d’élevage. 

Lien vers le biocarburant : 

 

https://oleo100.com/oleo-assets/uploads/2020/02/oleo_1911161_brochure_oleo_210x297mm_8pages-2.pdf

Scope(s) d'émissions

sur le(s)quel(s) le projet a un impact significatif

Scope 1

Émissions directes générées par l’activité de l’entreprise.

Scope 2

Émissions indirectes associées à la consommation d’électricité et de chaleur de l’entreprise.

Scope 3

Émissions induites (en amont ou en aval) par les activités, produits et/ou services de l’entreprise sur sa chaine de valeur.

Absorption d’émissions

Création de puits de carbone, (BECCS, CCU/S, …)

Émissions évitées

par les activités, produits et/ou services de l’entreprise ou par le financement de projet de réduction d’émissions.

Scope 1 - Réduction des émissions liées à la combustion du biocarburant dans les locomotives 

  • Scope 1 avant-projet (sur l’étendue du projet) = 1542 tCO2
    • 600 000 litres
    • FE GNR : 2.52  7 kgCO2/l
  • Scope 1 après-projet = 664 tCO2
    • 600 000 litres
    • FE Oleo 100 : 1.106 kgCO2/l

Soit un gain de 878 tCO2 (pour ce volume correspondant aux flux annuels identifiés.)

Scope 3 - Réduction des émissions liées à l'amont du biocarburant dans les locomotives 

  • Scope 3 avant-projet (sur l’étendue du projet) = 354 tCO2
    • 600 000 litres
    • FE GNR : 0.59 kgCO2/l
  • Scope 3 après-projet = 0 t
    • 600 000 litres
    • FE Oleo 100 : 0 kgCO2/l

Soit un gain de 354 tCO2 (pour ce volume correspondant aux flux annuels identifiés dans le passage à l’échelle).

En totalisant le gain en Scope 1 et en Scope 3, le projet permet de gagner 232 tonnes de CO2 sur une durée glissante de 12 mois des flux identifiés (soit environ 4% des émissions du Groupe).

Le Facteur d’émission de l’Oleo100 de 1,106kgCO2/l est issu d’un calcul de durabilité dans le cadre du schéma de certification Saipol audité par Bureau Veritas.

Il est à noter que selon les règles de comptabilité carbone du groupe GETLINK (basées sur les référentiels publics et notamment la base de données ADEME), les émissions liées à la combustion de l’Oleo100 (comme tous les biocarburants) seront comptées pour nulles. Le gain global (périmètre Scopes 1 et 3) restera néanmoins le même que dans l’approche retenue dans cette fiche. 

Les points clés

GroupCreated with Sketch.

Montant de l’investissement réalisé

Aucun investissement de matériel
Coûts d’exploitation liés à la fourniture et à l’approvisionnement en biocarburant

noun_date_1379066Created with Sketch.

Date de démarrage du projet

6 juillet 2021 – élargissement prévu à compter de l’été 2022

noun_position_2125941Created with Sketch.

Localisation

En 2021 : expérimentation sur les trajets Nogent-sur-Seine (10) /Dunkerque (59) et Nogent-sur-Seine/Sotteville-lès-Rouen (76). En 2022 : poursuite de ce sillon et élargissement au trafic à d’autres trajets ferroviaires en France : Nogent (10)/Salaise (69)

Niveau de maturité

Test prototype en laboratoire (TRL 7)

Test en réel (TRL 7-8)

Prototype pré-commercial (TRL 9)

Mise en œuvre à petite échelle

Mise en œuvre à moyenne ou grande échelle

Rentabilité économique du projet

Court terme (0-3ans)

Moyen terme (4-10 ans)

Long terme (> 10 ans)

A ce stade le projet n’est pas rentable compte tenu du prix unitaire du litre de biocarburant et de l’écart défavorable de la fiscalité entre le GNR et l’Oleo100.

Images / Vidéos

Le biocarburant utilisé permet d’améliorer la qualité de l’air en réduisant très significativement les émissions de particules fines et ultrafines

Le colza utilisé s’inscrit dans une trajectoire de progrès notamment sur son bilan environnemental avec une vraie politique de défense de la biodiversité (rotation culturale, activité pollinisatrice, culture non irriguée…). La production d’énergie de traction à partir des résidus alimentaires est également un exemple réussi d’économie circulaire contribuant à l’indépendance énergétique nationale. 

En ce sens, le projet permet de contribuer aux ODD suivants :

  • ODD 3 Bonne santé et bien être
  • ODD 11 Villes et communautés durables
  • ODD 13 Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques.

Ce projet test a pour objectif de pouvoir élargir l’utilisation d’Oleo100 à environ 1.1 million de litres par an d’ici 2023, ce qui représentera à terme une réduction de 2340 tonnes de CO2 par an.

Différents partenariats avec EUROPORTE, AVRIL/SAIPOL, STADLER ont été engagés au travers de ce projet.